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Le temps est là

LES JOIES DU SPORT

 

Les joies du sport

 

Franchement, qu'en a t-on à faire  que Pierre ait couru plus vite que Paul, ça sert à quoi de faire cent mètres en moins de dix secondes, ou alors il faut être en Afrique, et qu'il y ait un lion, et être vraiment pas loin d'un arbre.

 

Quel intérêt y a-t-il à regarder des millionnaires en short se disputer un ballon ? Il y a aussi les  autres, avec leur ballon ovale,  qui se sentent supérieurs parce qu'eux, ils se vautrent dans la boue et qui  disent que les footballeurs sont des fiottes, alors que l'on ne sait pas trop ce qui se passe dans les mêlées...

Allez l'OM ! Allez l'OM ! Même pas sûr qu'il y en ait un qui soit de Marseille. Avant il y avait les comices agricoles. Pour les footeux, on appelle ça le mercato il n'y a que l'échelle de prix qui change.

 Après les gigots, pour l'ovalie,  c'est du rugbyman qu'on importe : made in Nouvelle-Zélande, et ça passe même pas le contrôle vétérinaire, pourtant ce sont des fans du tatouage, un petit coup de tampon sur la fesse droite cela ne ferait pas tache.

Dans leur gueule cette main de Thierry Henry !

 

Parlons aussi de ces jeux, où l'on fait tout sauf jouer, on n'est pas là pour

 rigoler, on est là pour plein de raisons sauf une, celle de s'amuser, vous devez être des killers dit l'entraineur, pourtant l'idée est simple : c'est de s'encombrer d'une balle ou d'un ballon, c'est selon, et de s'en débarrasser le moins connement possible, pas de quoi prendre des accents de guerre mondiale !

 

Voila que nous en arrivons au tour de France, la grande boucle comme ils disent. Le politiquement correct est justement de la boucler. L'équipe de Sanofi  a battu Novartis. On se croirait au Téléthon, plus de la moitié des coureurs sous corticoïde, la plus grande concentration d'asthmatiques de France, ce ne sont plus des soigneurs qu'ils ont, mais des promoteurs à injection ! Trois cols dans la journée : même pas fatigués !

 

N'oublions pas nos rois du bitume, nos demi-dieux de l'asphalte. Ils tournent en rond, et le vainqueur : celui qui a l'immense privilège de gaspiller notre célèbre breuvage Champenois, est celui qui arrive en premier à l'endroit exact d'où il est parti après avoir bouffé deux trains de pneus et brulé plus de trois cents litres de carburant.

Allez voir à Kyoto si j'y suis bande de nazes !

 

 

Ma pensée m'entraîne aux Jeux Olympiques, là on touche à l'épique, ça vient de toute la planète, du moins des pays riches, faut pas charrier tout de même. En 338 av J.C fut établie la première charte olympique. On y découvre, si l'on est un tantinet macho, avec un certain ravissement, l‘article V :

Interdiction aux femmes mariées d'assister aux jeux ou de se montrer dans l'Altis sous peine d'être précipitées du rocher du Typaion.

Si l'on n'est pas macho, un vague sentiment de progrès nous effleure mais celui-ci est tempéré par l'article VI :

 Pendant les exercices, les entraîneurs des athlètes devront être parqués et nus.

Enfin, c'est avec un certain bonheur que l'on découvre l'article VII  et que nous pouvons ainsi dissiper quelques légitimes inquiétudes.

 Défense de tuer son adversaire ou de chercher à le tuer.

Nous voilà rassurés.

Ne faisons pas la fine bouche, et laissons suinter cette admiration béate qui nous prend, au spectacle de ces frêles humains qui s'agitent avec sur leur dos plus de dix tonnes d'équivalent CO2.

 

Onze milliards d'Euros, c'est le coût estimé des J.O. de Londres, de quoi éradiquer le paludisme, dont un enfant  meurt toutes les trente secondes, mais là...

Courons nous cacher derrière nos écrans cathodiques.

 

 

 

AVOIR ZERO FAUTE AVEC WORD

 

AVOIR ZERO FAUTE AVEC WORD

OU L'AUTODERISION DERISOIRE

 

 

 

Je n'essuie pas fort an  orthographe. M'aime  queue la mai tresse allée col afro laid   le suit Cide. Pataud logique, pâté tic, un cul râble, cas là miteux, marre quai telle sur mes caillés. Le verre  bavoir  essais à corps,  ses thés l'abbé Résina. Les parties si passés navet guerre plut deux chances. Deux ailes, deux pets, se rond tout jour un soul si. Ceux là ma folle, les ânées passent, sait dépit en pire, j'essuie un des crocs table. Jeux nœud ment sort tiret pas. Les  a corps avait que l'Emile, les sans ailés vins, ceux la haut si sait du chie noix.

Pour les non cons posés sait la cas ta strophe, l'amant table, je crie commun cochon. Ilet singulier de ne jas met ça voir le plut ri elle.

 Pour le non de coups l'heure, esse avec ou sang ? Cru elle dit l'aime...

Tout jour le style haut qui air essais gare, sans paître sur le papier, con sonne et voie y elle qui a none : déesses ? Transi tif ? Atre y but ? Con plait ment? Epi tête ? Des monstres hâtifs ? L'inde est finie ? Qu'on corps danse des taons ? Occis lierre ? Gras maire et cinq taxes ? Le passé hanté rieur ? L'imper hâtif ?

 L ‘un finit tif ? Corps dit nation ? L'aster risque ? Masque eut l'un ? La tribu ? Non propre ?  Redoutes tables en bûche...

Pour temps j'élie beau cou, dais rôts ment, dépit est-ce de thé âtre, ri un ni fée.

Je suie con damné au beau nez d'Anne.

 

 

 

 

 

 

 

Michel ASTEGIANO

 

CHA-CHA-CHA

 

CHA-CHA-CHA

 

Charles Michalon, responsable de l'entretien de Bichat, pensant que charité bien ordonnée commençait par soi, dénicha et  acheta à Chatou une demeure où il  résidait avec Natacha sa nonchalante et tendre épouse. Ce n'était certes pas un château avec son faux air de chalet, mais la demeure ne manquait pas de charme avec ses deux châtaigniers aux couleurs chatoyantes, marquant l'entrée. Physiquement, sous le grand chapeau qui cachait ses cheveux châtain, et qu'il ne quittait  que rarement ; un peu décharné, il avait tout de l'échalas mais cela ne le chagrinait guère. Il n'était pas du genre prêchi-prêcha et seule la bonne chère lui était chère. 

Comme chaque dimanche, il fit quelques achats : charcuteries et chapon, quelques grappes de chasselas, chaource et crottins de Chavignol, sans oublier la bouteille de Chablis et la charlotte aux fraises qui couronnerait le repas, bref de quoi faire un festin, il se rabâcha cette idée, s'en pourlécha ; cette pensée l'allécha tant qu'il  se dépêcha, oubliant son cœur battant la chamade, et accéléra sa démarche d'échassier pour regagner ses pénates avant les chaleurs. C'était sans compter sur les facéties du destin...

Lorsqu'il déboucha dans l'allée, d'entre les chardons qui bordaient le chemin, surgit un chat couleur charbon, il trébucha, pencha, chavira et s'embrocha sur un piquet qui trainait là.

 De la charmille qui ombrait l'allée, une feuille se détacha et un chat-huant cria.

 Son allergie pour les chats avait eu raison de lui, car il n'en réchappa pas....

 

 

Michel ASTEGIANO    

 

DANS LE GRENIER DE LA VIE

 

DANS LE GRENIER DE LA VIE

 

Dans le grenier de la vie

Il ne reste pas grand-chose.

 

Le souvenir survient  frêle et gracile,

tout est si fragile que l'on reste sur sa faim

 

Des odeurs, pas même un parfum,

quelques écrits en vers ou en prose :

vraiment pas de quoi faire un destin.

 

Pourtant sur le fil tendu de la vie

Je m'étais chantonné quelques règles :

être moineau plutôt qu'aigle,

bien faire à défaut de faire le bien,

éviter la pierre des regrets,

 se tenir loin de l'amertume,

caresser longtemps les mots,

aller plus loin que la parole,

voir la rose plutôt que les épines,

savoir prendre quand on vous donne.

 

J'ai écouté des voix qui chantaient

Je me suis alarmé quand il fallait,

ai tâtonné dans d'impalpables brumes,

et si je me suis senti parfois rouler  comme un galet,

  j'ai  toujours su voir le beau alors que tout était laid.

 

De ces  quelques pauvres miettes perdues en chemin

je ne me sens plus assez oiseau pour me faire un festin.

 

Dans le grenier de la vie

Il ne me reste pas grand-chose.....

 

N'ai-je donc  posé mes pas  que sur l'estran de celle-ci ?

 

Michel Astégiano

 

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J'AI PEUR

 

 J'ai peur

 

 

J'ai peur d'être devenu sage,

peur d'avoir perdu l'enfant sauvage

qu'il t'a fallu apprivoiser.

 

j'étais silex à l'arête acérée,

tu t'y étais parfois coupée,

mais je savais le feu

pour te réchauffer.

 

C'est une autre folie qui me guette,

celle de ne plus te surprendre.

 Alors que viennent les grands froids,

que ma pierre gèle à pierre fendre

et que je retrouve quelque éclat.

 

 Car à tant cimenter l'amour

 c'est prison que l'on bâtit,

la vie nous roule et nous polit

nous moule jour après jour.

On connait le chemin des mots,

ceux qui sont dits

ceux qui sont tus.

 

On sait vers quoi tendre

mais même quand la vie nous sourit

il reste ce besoin d'un peu plus.

Alors à tant vouloir on sait,

 que dans ce temps qui s'enfuit,

tout reste encore  à inventer.

 

 

 

 

 

Michel Astégiano

 

J'AI REVE DE TOI

 

J'ai rêvé de toi

 

J'avais....

J'avais  des vignes rousses et  des feuilles mortes.

J'avais des prairies qui crissent sous la botte.

 J'avais sous une main de lierre,

une chapelle aux quatre vents

 et sa source y chuchotant la prière.

J'avais des pommes qu'on attrape en sautant,

 une chanson douce sur les lèvres,

on y parlait de pluie et d'amants.

J'avais des mains s'échappant de mes poches

pour cueillir des raisins tout proche.

 J'avais des marrons noirs que me rendait le feu,

Je m'y brulais les doigts quelque peu.

J'avais une averse cinglant les carreaux,

 j'avais même un arc- en- ciel et qu'il était beau.

Des enfants m'ont souri, un chien s'est glissé sous ma main,

 j'ai dérivé  le long d'un ruisseau qui courait vers demain.

Au cœur de cette nuit, j'ai vu venir de gros nuages.

J'ai caressé de grands chevaux craignant l'orage,

 leur ai porté du foin, en ai gouté l'odeur avec eux.

J'avais de la terre aux pieds, de la paille en mes cheveux,

 l'entrée d'une maison où frapper mes talons boueux.

Sur des fenêtres étroites, j'avais de la buée en halo.

J'avais un enfant récitant ses leçons,

 un sourire, et quelques tendres mots,

il y faisait chaud et ça sentait bon.

J'avais  tout et je n'avais rien.

Mon herbe folle, mon petit pays silencieux,

 je te sais toujours aussi belle,

mon tendre amour, ma mirabelle,

j'en étais sans idole et tout frileux.

J'avais presque tout pour être heureux.

 

J'avais tout et je n'avais rien.

Rien du tout.

 Tu étais sous d'autres cieux.

 

Michel Astégiano

 

JE NE SAURAIS PAS

 

JE NE SAURAI PAS

Je ne saurai pas t'aimer.

Je n'aurai pas les mots pour te consoler.

Quand tu me parleras  je ne saurai  t'entendre,

Je n'aurai pas les gestes,

On ne m'a rien appris, rien dit,

 depuis cette enfance de cendre.

Je suis un chiffonnier du cœur.

Hier et aujourd'hui tel est mon labeur :

étrange métier que  de glaner  le non- dit.

Je ne saurai pas t'aimer.

Je ne connais que des fêtes intérieures.

Je ne sais pas rire, pas dire,

ne sais pas quand survient l'heure.

Je ne sais même pas mentir :

grand handicapé du cœur .

Je ne saurai pas t'aimer.

Verrai-je autre chose qu'une obole,

si tu t'aventurais sur le fil de ma vie,

et même, si pour ce vœu je prie,

pour m'aimer : seras-tu assez folle ?

Michel ASTEGIANO

 

La NAPPE BLANCHE

 

LA NAPPE BLANCHE

 

 

Sur la nappe blanche du papier,

J'ai mis des petits mots.

 

Ils disaient tes doigts

 entrelacés aux miens,

 racontaient des bougies

 que d'un sourire  tu allumais.

 

Tu étais arrivé en retard,

 mais l'attente avait été douce.

 Enfin là, ma tendre source, 

 je venais boire à tes lèvres,

et  entre  silence et parole,

 te  mangeais aussi du regard.

 

L'idée surgit, vous frôle,

étrange magie que ces mots

qui te conviaient à ma table.

 

Mais pourtant je sais,

sans l'avoir vraiment appris,

qu'avec ces mots dansant sur le papier,

je n'en serai pas quitte avec ma faim.

 

 

Michel ASTEGIANO

 

LA RECETTE DU PETIT BONHEUR

 

La recette du petit bonheur

 

 

               Pour une personne :

 

Dans un premier temps

hachez menu tout ce qui pourrait vous évoquer la tristesse,

émincez regrets et soucis.

Chauffez à feu vif, pour que ça rende toute l'eau :

Il ne doit pas rester l'ombre d'une larme.

Ensuite,

dans votre cœur faites revenir  des souvenirs,

des petits,

 genre odeur de terre après la pluie,

fraicheur d'église en été,

bruit du va et vient des vagues,

danse des flammes dans la cheminée,

bruissement de feuilles sous les pieds

douceur de peau sous les lèvres,

fête de chien au rentrer.

 

Faites selon votre goût.

dans les placards de votre vie,

Je suis sûr que vous trouverez.

 

Ajoutez y :

 quelques brins d'herbe un peu folle,

une poignée de rires d'enfant,

une pincée de poudre de soleil.

Saupoudrez le tout d'amour

 et faites mijoter longtemps.

Alors,

fermez les yeux

et laissez vous bercer longtemps.

Michel ASTEGIANO