Mon étoile je l’ai trouvée et la porte sur mon cœur.
Sur tous les murs de la ville, j’ai plaqué des wanted où il y a écrit ton nom. Certains soirs on peut me voir sortir du saloon, poussant les portes à double battants, titubant, trébuchant, complètement ivre d’amour.
Je me plante au milieu de la grand - rue, et lance des défis à l’éloignement et aux ans. Sur mes anches pendent deux pistolets à mots. Qu’un seul touche sa cible, il sera mortel pour quiconque m’empêchera de t’aimer. Le dernier qui a dit que ma ville était fantôme, git d’ailleurs à cette heure, sous six pieds de mes vers.
Mais il ne vient pour me défier, épineuses comme mes éperons d’argent, que des boules de buissons poussées par le vent.
La prison est vide et c’est moi qui en ai scié tous les barreaux. J’y vais parfois, pose mes bottes sur le bureau. Sous mon chapeau baissé je cache parfois quelques larmes. Mais si chaque jour, à chaque instant je fourbis mes armes, je pense surtout, que les ans et l’éloignement ne sont qu’une bande de sacrés dégonflés. Alors je rage de n’être confronté qu’à leur lâcheté.
Je suis le shérif intraitable de Sentiment Ville, et je ne suis pas prêt de lâcher le morceau, car ton étoile, je la porte plantée à même la peau.