Ut queant laxis

Ut queant laxis

Resonaréfibris

Mira gestorum

Famuli tuorum

Solve polluti

Labii reatum

Sancte Iohannes

C’est un hymne en latin, dont on a repris le début de chaque vers, qui est à l’origine des notes de musique. Cet hymne était dédié à St jean, et ce n’est qu’au 18eme siècle que l’on a remplacé Ut par Do pour faciliter les vocalises.

Mettre des mots sur des notes : il y a ces mots du dehors, profanes ou sacrés, mais le plus important est ce chant de l’âme qu’apporte la musique.

Jules Massenet :le passage de la méditation de Thaïs.

 

Il suffit de fermer les yeux pour être convié à un voyage vers, ce que l’on appelait jadis, la félicité.

Certaines musiques mettent l’âme en cérémonie, elles dissolvent notre enveloppe charnelle et réveillent en nous ces désirs d’envol vers des soleils éternellement levant.

Poème des notes, à l’alchimie obscure. Leitmotiv de la part belle que chacun porte en soi, loin de cette enveloppe charnelle, lourde et rétive qui nous accable lors de nos trop rares élans.

Tomber amoureux, formulation étrange, que contredit la musique lorsqu’elle est grande, car elle sait nous faire monter en amour.

Art progressif où chaque note nait et meurt, nous rapprochant ainsi de notre étrange condition d’homme.

De notre désir d’être, elle est la maïeuticienne.

Purcell, Dido et Aeneas, lamentation de Dido

Ne t’arrête pas. Chante, encore et encore, chante, je t’aime, je suis amour, ta voix me fait frissonner, et je sais que je vais mourir encore un peu si tu me livres au silence. Je flotte et m’enivre sur chaque note que tu m’offres, tu me délivres et je délire au-delà des mots, je suis au diable vauvert en une étrange contrée où je fais l’amour à moi-même et aux autres.

Chante, chante... encore et encore... pour que je m’immortalise.

 

Michel Astégiano