Ti Hinan

Ti Hinan

La longue robe noire portant une faux dressée  sur son épaule et les drapés falbalas
Il faudrait peut-être arrêter de se la jouer à la voir comme  les autres voudraient que cela soit
Moi je vais vous dire comment vraiment elle est d'ailleurs en vrai tout le monde la connaît celle salope là 
C'est une très vieille femme toute ridée puante pas lavée et ce depuis la nuit des temps crées  
De sa voix chevrotante elle nous fait des venez petits petits pour bien perfide nous attirer
Nous on regarde avec application et avec raison ailleurs faisons comme si elle n'était pas là 
C'est une mère terriblement inversée aux chairs pourries aux ovaires putrides  et complètement empoisonnés
Moi encore enfant j'ai croisé la route de cette charogne bien trop tôt en vraiment qui ne va pas
Cela ne m'a pas du tout  fait peur ne me doutant pas que cela laisserait sur  moi une pestilentielle odeur
Et un  trou immense trop intense se creusant toujours plus qui ne pourrait pas cicatriser dans mon cœur
Enfant adolescent puis homme couvert de bleus comme un touareg perdu j'errais dans un Sahara de sans bras
J'en ai longtemps crié et  longtemps aussi je me suis tu et puis j'ai gueulé comme un fou des : où es tu ?
Oh qu'il fut long à arriver dans ma vie ce jour si béni et si désiré en presque inattendu où tu es venue.

 
Toi Ti Hinan princesse et déesse du désert celle que vénèrent encore de nos jours les berbères
de toi ils chantent chaque nuit tes beautés et disent que tu es la plus belle  parce que tu boites un peu
Et que c'est pour cela que tu sais comme par magie soigner ceux malheureux qui ont comme toi beaucoup souffert 
D'ailleurs rien que pour l’énerver la vieille qui nous attend toute puante au regard chassieux et vicieux
Je vais rajouter là ici en cet instant présent un magnifique à ta légende et ce pour l'éternité. 
Après, de ce  moi prophète, et de  ce que je vais moi dire,  absolument plus personne ne pourra t'évoquer sans ça à ta légende l’ajouter..


lorsque seule, juste accompagnée de Takama , ta servante unique et dévouée et que le désert vous traversiez
De chaque larme que tu as  abondamment versée est née une oasis luxuriante et abondamment irriguée


Moi depuis que dans ma vie tu es arrivée je fouille de  tous mes ongles la terre ronde et nourricière
En arrache en puisant dans ses  entrailles  des poussières les mets en fusion les affine les façonne en infini ces  minerais argentifères

Puis je t’en fais de pauvres bijoux pour tes chevilles ta taille tes oreilles et ton cou 
Mais sans jamais que  par moi  il ne te soit et ne te sera demandé si tu les aimes un peu ou bien beaucoup 
Mais depuis que tu les portes tous ceux que tu croises peuvent en témoigner et sur les Bibles le jurer
Tu es encore bien plus belle bien plus gentille et renommée et aussi un peu plus fière
Certains avisés prédisent même que ces pauvres bijoux qu’avec humilité je t'ai donné

toi Ti Hinan tu voudras avec toi les emporter lorsque viendra l’heure de t’en aller....