2eme partie

dis : J’ai cru bien faire monsieur le juge, il ou elle, saignait du nez comment pouvais-je savoir qu’il ne faut pas faire un garrot au cou ?

 

- Charles

- -homicide par ignorance, ça existe ça dans le code pénal ?

 

- Alfred

- -il serait de bon aloi que ce le fusse. Merde, on n’est pas des encyclopédies.

 

- Bob

- -en plus, il y en a un, qui a chaque fois qu’il se lève, la 1ere pensée qui lui vient c’est de se dire : ben tient, si on se faisait une petite loi pour commencer la journée. Y en a qui se prennent un jus d’orange mais non, son truc à lui, c’est ça !

 

- Charles

- -remarque, pour se tenir informé il y a le journal officiel.

-

- Alfred

-T’as déjà été voir le journal officiel ? Si t’es en mal d’exotisme vas- y. C’est genre nouvelles frontières. Tu verras, en comparaison le Zimbabwe c’est le bout de la rue. Je cite de mémoire : Délibération du 20 juillet 2010 du conseil régional de la Guadeloupe, relevant du domaine de règlement, relative au développement des installations de production d’énergie électrique mettant en œuvre de l’énergie fatale à caractère aléatoire.

 

Bob

-tu déconnes ! Ou alors, l’énergie électrique fatale à caractère aléatoire c’est pour une fabrique de chaises électriques.

 

Alfred

-pas du tout. Tu crois que tu lis ça tranquille? Dés que tu arrives à « oire », tu reprends depuis le début. Me trompe-je ? Mon regard, d’habitude si affuté, m’aurait-il trahi ? M’aurait-on, à l’insu de mon plein gré, fait absorber quelques substances hallucinogènes ? Pour un peu… tu te dirais ... il faut que j’arrête de boire…

 

Charles

-de l’énergie fatale à caractère aléatoire…c’est beau comme du Kierkegaard !

 

Bob

- -A propos de Kierkegaard, si t’as un petit coup de mou, plus trop envie de te suicider, je te recommande son traité du désespoir, 251 pages… Y a que les sceptiques qui sont arrivés jusqu’au bout. Les autres, ils ont disjoncté avant la 200eme page. Chez le libraire, quand tu vois ne serait-ce que la couverture, ça a des sourires de corde dans une quincaillerie. Rien que de l’acheter, tu frôles déjà le passage à l’acte. Et c’est pas parce que tu as survécu, qu’il faut te croire tiré d’affaire ! Croire que tu as tourné la page. Car ça s’immisce, ça ronge, ça corrode, et même de nos jours, il n’y a qu’un antidote connu : se faire l‘intégrale de Bachelard.

 

- Alfred

- -ben moi… j’ai failli écrire un livre.

 

- Bob(montant le ton)

- -oh, Charles ! t’as entendu ? Alfred a failli écrire un livre !

-

- Alfred

- Ben quoi, je ne suis pas plus con qu’un autre, il suffit de lire Paul Guth pour

- s’en convaincre.

 

- Charles

- -et il aurait parlé de quoi ce livre ?

 

- Alfred

-Ben… c’était les mémoires d’un amnésique.

 

(Charles et Bob se marrent)

 

Bob

-et on peut savoir ce qui t’a retenu ?

 

Alfred

- rigolez, rigolez….je voudrais vous y voir, amnésique ! En fait j’ai pas réussi à me décider pour le nombre de pages blanches.

 

Charles

-on se marre, mais c’est vrai que ça doit craindre d’être amnésique.

 

Bob

-rien que sur le parking du supermarché quand tu retrouves plus ta caisse, tu te rassures en te disant qu’on a dû te la voler.

 

Charles

-moi, c’est des fois en regardant mes mômes, et bien, parfois, je me demande si c’est bien les miens.

 

Bob

- toutefois il y a tout de même des trucs qu’il vaut mieux oublier, parce que présentement, notre ligne bleue des Vosges ça serait plutôt du genre naufrage de la vieillesse, et coté grande question existentialiste, c’est de se faire incinérer ou pas.

 

Alfred (sur l’air de on a tous quelque chose de Tennessee)

-on a tous en nous quelque chose d’amnésique.

 

Bob

-que celui qui n’a jamais oublié un anniversaire de mariage parle ou se taise à jamais !!!

 

Les 3 se taisent. Alfred se lève, passe derrière le banc et se sert du dossier comme de la barre d’un prétoire.

 

Alfred(avec emphase)

-Oui messieurs les jurés, le constat est accablant, ils ont fauté, mais lequel d’entre vous osera leur jeter la 1ere pierre ? Ils ont fauté, et ils fauteront encore, seule la mort saura les délivrer de leur dure condition d’homme… (temps d’arrêt) mais rien ne presse… Certes ils ont failli, mais n’est-ce pas ça le propre de l’homme ?

 

Charles (s’essuyant le crâne, suggérant ainsi qu’il s’est pris des postillons)

-ça tombe bien, j’avais besoin d’un shampoing.

 

Alfred

-ta gueule ! (il reprend)

En raclant un peu, au plus profond de vous-même, messieurs les jurés, je ne puis douter que vous ne puissiez trouver quelque once d’humanité, humanité qui saura arrêter ce bras fatal et cette pierre scélérate. Et puis merde ! On n’est pas en Iran, vous êtes sur cette grande terre de France, France qui a toujours su se relever, malgré les coups de bélier de son histoire...N’oublions pas que ce sont les larmes de nos veuves qui ont donné cette belle chevelure blonde, ces blés bruissant à nos grandes plaines de Beauce. France… fille ainée de l’église, celle qui vous a enseigné la miséricorde et le pardon. (un ton en dessous) du moins qui aurait dû le faire. Douce France, cher pays de mon enfance, pardon, un instant d’égarement.

France qui vit naître Voltaire, Rousseau, Hugo et Pétain… Non pas Pétain, je sais, il y est né, mais c’est pas bon comme exemple, France… qui vit naitre De Gaulle… (Avec les intonations de De Gaulle).

Oui, messieurs les jurés ! J’en appelle à votre conscience chancelante, car à ne pas vous montrer magnanimes, vous vous banniriez à jamais de la grande communauté des hommes.

 

Charles

-ça y est, il est en plein pétage de plomb. Tou dou dou, tou dou dou.(bruit d’ambulance)

 

Bob

-et encore, là on a du bol : pour les pierres, il n’est pas allé chercher St Exupéry !!! Je cite : chaque jour en soulevant ta pierre, pense que tu contribues à bâtir le monde.

 

Charles

-Ah houai, ça c’est du lourd…

 

Bob

-Surtout pour un aviateur !

 

Alfred

-mais qui êtes vous donc, misérables gueux, pour interrompre une aussi belle plaidoirie, ce vibrant appel à la grande fraternité des hommes!

 

Bob

-si tu continues, on va porter plainte au parquet !

 

Alfred

-J’en ai rien à cirer.

 

Charles (s’adressant à Bob)

-Pfffff, ça y est, il revient à son état normal.

 

Bob

-Putain, Alfred, tu nous as fait peur.

 

Alfred

-Faites chier les gars, dés qu’on sort un peu de la déconnade, qu’on parle un peu sérieux, on se fait traiter de barjot.

 

Charles

Dis donc Alfred, tu voudrais pas aller un peu au ravitaillement ? Car là, il commence plutôt à faire soif.

 

Alfred

Et pourquoi c’est moi qui doit m’y coller ?

 

Bob

Parce que le cuistot il t’a à la bonne, il n’y a qu’avec toi que l’on ait une chance d’avoir une boisson d’homme, à moins que tu es une envie irrésistible de limonade...c’est toi qui voit...

 

Alfred

Le Château d’Yquem vous le voulez de quelle année ?

 

Charles

Qu’importe le breuvage pourvu qu’on ait l’ivresse.

 

(Alfred sort de scène)

 

Bob

Ce qui a de bien c’est qu’entre mecs, on peut quitter une pièce sans avoir peur de se faire détruire. Genre, elle a encore pris du cul, ou... Tout de même, à son âge mettre des fringues comme ça...

 

Charles

N’empêche que des fois Alfred, il disjoncte grave.

 

Bob

Que veux-tu y faire, on ne va tout de même pas l’emmener à Lourdes !

 

Charles

Parait qu’il y a eu un nouveau miracle à Lourdes, c’est le 68eme. Pourtant si tu réfléchis un peu, c’est plus que surfait. Les pèlerinages c’est depuis 1858, rien qu’en 2008 t’as eu 9 millions de pèlerins et de pèlerines, hors en 150 ans ne serait-ce qu’avec les accidents de la route des gens qui y allaient ou en revenaient, tu as certainement plus de 68 morts et d’ handicapés. Conclusion il y aurait plus de vies sauvées sans Lourdes.

 

 

Bob

C’est indubitable...

 

(Alfred revient avec une bouteille et 3 verres, ils se servent à boire)

 

Alfred

Ça va, je ne vous ai pas trop manqué ?

 

Bob

Tu nous as manqué comme un moule.

 

Alfred

C’est vrai ça, qu’il y a des moules à manqué... C’est pour être sûr de rater ton gâteau ? Et Parkinson, ça aide pour faire la crème renversée ?

 

(silence, ils se boivent une gorgée de vin)

 

Charles

On en était où déjà ? Ah oui, à Charles et sa grandeur de la France

 

Bob

(S’adressant à Charles)

- Ah ouais, toi et ta grandeur de la France et ton coté monsieur je sais tout… M’en va te poser une p’tite question (accent à la Gabin), si je te dis : Mérovée, Thierry, Carloman et Caribert, qu’est-ce que ça t’évoque ?

 

- Alfred

- -Que veux-tu que j’en sache ?

 

- Bob

- -Hé ben tu devrais t’ensacher que ce sont des rois de France !

 

- Charles

- -Ça t’en bouche un coin non ! L’autre jour, avec Bob, on a décidé de s’emmerder autrement. On est allé au foyer pour surfer sur le world wide web. On a fait comme on nous a dit. Dans Google(il prononce à la français)

Alfred

On dit Google patate!

Charles

tu vas au zou(zoo) toi? C'est tout de même marrant, quand c'est des noms de villes étrangères on francise: Rome au lieu de Roma, Turin pour Turino et en plus ces enfoirés ils ont mis Aix La Chapelle en Allemagne! Tu te dis, ils ne font ça que pour les villes d'une certaine importance: que nenni, c'est Los Angeles, pas Les Anges, Hollywood et pas Bois de Houx.

Bob

Là j'opine en peu. Si tu t'aventures out of hexagone, outre que c'est claffi d'étrangers qui ne parlent même pas notre langue, si avec ta berline tu veux aller à Berlin cela va le faire, par contre si tu as une petite soif et que tu veux aller à la fête de la bière, tu n'es pas prêt de les trouver les panneaux pour Munich: si tu ne sais pas que c'est Munchen tu risques de mourir de déshydratation.

Charles

Pour en revenir à notre sujet, dans Google (il prononce encore à la française) on a tapé rois de France. Il nous en est sorti 3 510 000. On savait bien, que depuis l’école, on avait dû un peu oublier, mais perspicaces, on s’est dit que cela faisait tout de même beaucoup. Finalement on est tombé sur un spot d’enfer qui racontait plein de trucs sur les Rois de France. Pour ta question, on a fait dans le fastoche, t’es un pote on n’a pas voulu infliger.

- On aurait pu donner dans le Jean 1er. Celui- là, il a régné de sa naissance jusqu’à sa mort, soit 5 jours bien pesés, accouchement compris.

 

- Bob

- - dire que de nos jours y en a qui chipotent, qui disent qu’à 21 ans on ne peut pas diriger l’EPAD. Là, le gonze, dés le berceau il est déjà roi de France. Remarque, si les obsèques royales ça doit coûter la peau des joues, présentement, celui là il a fait un effort : pour une fois ils ont pu grouper avec le sacre et le baptême.

 

- Charles

- - en plus sur ce site, on s’instruit vachement. D’abord, si tu vas avoir une fille et que t’es emmerdé pour lui trouver un prénom, c’est là qu’il faut aller, car c’est quand même chouette pour une fille, d’avoir un prénom de reine !

- Je t’en livre un échantillon : échantillon non représentatif de la population des reines. Tu as par exemple : Suavegoth, imagine déjà les dégâts auprès de la gente masculine, puis, Ultragoth par contre, ça, c’est plutôt pour de la sœur ainée. Je reconnais qu’au moment où tu files le prénom, que c’est un peu la merde pour savoir si ce sera une sœur ainée. Pour un fils ou une fille unique, tu peux, à la rigueur, te faire vasectomiser. Mais là…

- Excusez-moi, j’ai un peu divergé dans ma narration. Donc, je renarre, mais je ne m’en vais pas tous vous les commenter. Je vous fais donc une livraison en vrac : Ingonde, Gondioque, Vultrade, Ingeberge, Méroflède, Vénérande, Marcatrude, Bilichilde : là, le roi il a dû se la jouer à nous les petites anglaises !

- Golmatrude, Fastrade etc…Je ne vous dis pas, un vrai filon.

 

- Bob

- - et attends, on n’est pas encore arrivé au plus croustillant. J’attaque le compte à rebours dans la pyramide des âges. Henry II il épouse Catherine de Médicis, elle a 14 ans, Louis IX s’envoie Marguerite de Provence 13 ans, Charles le sage se fait les 12 ans de Jeanne de Bourbon et, champion toutes catégories… Charles ! Dit le Victorieux. Il fait l’inauguration de Marie d’Anjou, 9 ans au compteur qu’elle a la petite ! et la liste n’est pas exhaustive. Conclusion : une dynastie de pédophiles.

-(silence)

- C’est aussi à ça  que l’on se rend compte que l’église est la grande gardienne des traditions.

Alfred

Tu sais Bob, tu charries un peu avec ta dernière vanne sur l’église, car le pape de service, il vient tout de même de dire que ce n’était pas bien la pédophilie, d’ailleurs on peut  voir qu’ils font des efforts pour entrer dans la modernité : ils ont installé des paraboles au Vatican...

- (silence)-

- Charles

- - Ceux là au moins, ils consommaient jeune, mais c’était du made in France. Par contre, il y en a pas mal qui ont donné dans l’exotisme. Des Autrichiennes, du Castillan, du Bavarois, du rital et de la Brabançonne. Du temps de la royauté, la France était livrée aux métèques. Moi les métèques j’aime bien, en fait ce qui me troue le cul, c’est de voir certains descendants de cette engeance défiler pour la fête de Jeanne d’Arc : la pauvre immaculée combustion... En plus quand t’es qu’un tas de cendre, ça doit être dur de te retourner dans ta tombe !

- Bob

- -Puis-je apporter de l’eau à ton moulin ?

- Charles

- -apporte, apporte … bien que pour le moment je ne moule pas, je bulldozérise.

 

- Bob

- -C’est t’y pas eux qui ont inventé la polygamie ? Parce que pour les maitresses c’était pire qu’à l’éducation nationale…De la graine d’émirs pour tout dire...13 pour Louis XIV dit le pas superstitieux, il ne s’est même pas rendu compte qu’il frisait le ridicule à coté des 33 d’Henry IV, quand à Louis XV, celui-ci fait preuve de cohérence en s’arrêtant à 15. Et là, je ne te dis pas la fraude aux allocs ! Cela donnait dans le sérieux : un prieuré par ci, un château par là, une petite promo pour le mari, genre affaires étrangères, ou alors on lui filait carrément un régiment, histoire d’aller lui faire voir du pays : va savoir pourquoi ?

 

- Charles

- - tu l’as dit bouffi et en plus je te raconte pas l’ambiance : ça trahissait à tour de bras, un coup avec les ultra alpins, un autre avec les English, ça conspirait, ça empoisonnait, ça mettait même des italiens aux finances. Il suffit d’aller voir Versailles pour être imprégné par la rigueur qui y régnait. Même pas une étoile au Michelin : les chiottes, c’était dans les couloirs ! La galerie des glaces, si tu crois que c’est à cause des miroirs, tu te goures. L’hiver… Même par grand soleil, ça plafonnait à 4°. Les perruques, c’était juste parce que c’est un peu plus classe que des bonnets. Il n’y a que pour la bouffe que ça dérivait un peu. La fricassée de langue de cygnes, ça devait tout de même douiller…

- (silence)

- Ou alors il fallait avoir un appétit d’oiseau... Mais bon, il fallait tout de même qu’ils aient quelques plaisirs dans cette époque de merde. A part ça, Versailles, c’est l’exemple même d’une gestion de bon père de famille.

 

- Alfred

- -ça va, je vous dérange pas trop ?

-

- Bob

- mais non Alfred, on en était justement à se demander, si quelques vents coulis ne t’auraient pas affligé d’une fâcheuse extinction de voix. Vas-y, nous sommes tout ouïe.

 

- Alfred

- -vous noircissez le tableau les gars, il y régnait tout de même une certaine convivialité. Si t’avais du pot, tu pouvais voir le Roi sur ses chiottes. De nos jours essaie pour voir… avec un président de la république ? En plus, comme ça fricotait pas mal, avec du bol tu pouvais te prendre un pou royal.

- Bien sûr, il y a avait les grandes eaux de Versailles, mais globalement, c’étaient des précurseurs. Ils étaient écolos avant l’heure. On a beau dire, un bain par an ça bouffe toujours moins d’eau qu’une douche par jour, et je te parle pas de l’électricité, pas l’ombre d’un halogène. Mais faut dire qu’un roi soleil, ça doit aider un peu coté éclairage !

 

- Charles

- - Pour en revenir aux poux, y avait même des rois qui en avaient à revendre. Le roi Raoul, eh oui les potes, il y a eu un roi Raoul, il en est mort des poux: pédiculose corporelle que ça s’appelle. C’est depuis ce temps qu’hermine rime avec vermine.

 

Bob

- A propos de roi, dites, les gars ? Vous avez déjà fait appel à un serrurier dans votre vie ? Moi ça m’est arrivé une fois. Cela m’a donné une idée de thèse sur l’influence de louis XVI dans les tarifs des serruriers.

 

- Alfred

- – c’est bien beau tout ça, mais une révolution, ça se fait à la rigueur en milieu d’après-midi, mais c’est dernier carat, parc’qu’à ct ‘heure, on va avoir un peu du mal à mobiliser.

 

- (Bob marmonne)

-

- Alfred

- . Qu’est-ce que tu dis Bob ?

-

-

- Bob

- -je disais que la révolution c’est déjà fait. Mais rien que de le dire, là… présentement… j’ai la grosse ombre d’un doute qui vient de me parcourir le cerveau, et le sentiment d’avoir dit une connerie.

 

- Charles

- - cette nuit, je n’arrivais pas à dormir. Alors je me suis relevé pour écrire un truc. Je peux vous le lire ?

 

- Alfred

- -Vas ‘y, de toutes façons, si on te dit non tu vas nous le lire quand même.

 

Charles (sortant et dépliant un papier de sa poche et lisant)

-ça s’appelle Amour Médecin.

Mon poussin met du saindoux sur son doux sein hindou. Son corps, nichons compris, n’est pas chiche, je m’y niche encore quand je suis ronchon. Corniches et vallons, folichons décors pâlichons sur le polochon. Foin d’humeur chafouine quand j’y fouine sans fin, coussin doux de son corps sage, dansons corps et âmes : hameçon du péché. Elle est cornue, j’y bois, je le confesse et y festoie. A son bouquet j’ai fleur, épine y croit. Mais chut ! Un discret lecteur reluque, arrêtons avant que ça lasse...

 

Bob :

-Putain Charles, là tu nous scotches. On t’a dit oui parce que les occasions de se poiler dans la vie sont rares. Et justement, avec Alfred, eh bien l’autre jour, on se demandait où ils les rangeaient les poètes. Ça nous fait tout chose de savoir que nos fesses elles partagent un banc avec un poète.

 

- Charles

-Bon….Je vous connais assez pour savoir que je dois prendre ça comme un compliment.

 

Alfred

- faut t’y faire Charles... on est des têtes de litote.

 

Charles

-Comme dit St Exupéry, revenons à nos moutons. On parle, on dissèque, on glose, mais on a beau creuser le sujet, cela m’étonnerait qu’on pioche assez pour trouver du pétrole !

 

 

Bob

L’inspecteur Derrick, il a du voir venir le coup et se dire qu’il vaut mieux être mort qu’au chômage. A l’heure qu’il est il doit être en train de papoter avec Françoise Sagan. Si tu t’interroges sur ce qu’ils pourraient se dire, ça te fait une bonne occasion de caser le mot dubitatif.

 

Charles

Elle parlait Teuton Sagan ? Parce que déjà que quand elle parlait en français on y comprenait rien...(silence) d’ailleurs cela doit –être pour ça qu’elle s’est mise à écrire.

 

Bob

Qui sait, peut-être que là haut ils ont inventé un espéranto céleste...

 

Alfred

Je peux dire un mot ?

 

(les 2 autres se regardent interrogatif)

 

Alfred

Peccadille.

 

Charles

Quoi ? Peccadille

 

Alfred

J’aime bien peccadille mais je n’ai jamais l’occasion de le fourguer. (silence) D’ailleurs, c’est bien plus beau que dubitatif !

 

(Charles et Bob se regardent d’un air accablé et Bob s’y colle)

 

Bob

Alfred, un mot...C’est pour exprimer une idée, un concept, ça se dit pas comme ça au hasard.

Bien que je reconnaisse que si tu dis : la bretonne a piqué un fard, on peut-être dans l’ambigu.

 

Alfred

(il serre les poings, s’énerve, devient menaçant)

Peccadille, peccadille, peccadille, empêchez-moi pour voir !

 

(Bob et Charles se regardent un peu apeurés)

 

Charles

Ça va, ça va, c’est comme tu veux, tu peux même dire emberlificoté et amphigouri si tu en as envie.

 

Alfred (en marmonnant)

J’aime pas amphigouri...péccadille...(son visage s’illumine il reprend avec fierté) vous allez tout de même pas me faire un flan pour des...peccadilles !

 

(la tension se relâche, Bob fait signe à Charles pour qu’ils reprennent la conversation et comme si de rien n’était, ils se resservent à boire)

 

Alfred (s’adressant à Charles)

-Y a pas 5 mn tu savais même pas ce que c’était, et te voilà revenu au peak oil. Remarque, un mot nouveau par jour c’est pas mal, ça donne toujours un peu l’impression en se couchant le soir, que l’on est moins con que le matin.

 

Bob

-Peut-être qu’en grattant un peu le goudron des routes, et en faisant infuser longtemps, on pourrait en récupérer ?

 

- Charles

- - et les graviers qui restent au fond, tu les gardes pour les mettre dans ton aquarium ?

 

- Alfred

- - à propos d’aquarium : les poissons... s’ils ont une gastro-entérite, et bien ça doit vachement craindre. Même si t’es une carpe Koï… ça doit te rabattre sacrément le caquet.

-

- Bob

- -les carpes koï, y en a qui sont assez cons pour mettre jusqu’à 200 000$ ! Moi je t’en fais une pour moins de 3€. Il suffit de prendre un poisson rouge et de le mettre un peu dans la javel.

 

- Charles

- -ça m’étonnerait qu’il s’en remette !

 

- Bob

- -T’écoutes pas Charles : j’ai dit un peu. T’as pas fait ça à tes jeans ?

 

- Alfred

- -Au crépuscule de notre vie, force est de constater que l’on a engendré une génération de fainéants.

- Nous… nos jeans… hé bien, on les décolorait et on les déchirait nous-mêmes…

 

- Charles

- - pour les baptêmes, on n’aurait pas dû remplacer la timbale en argent par un portable. A la terrasse des cafés, ils téléphonent pour passer la commande. Moins ils marchent et plus ils investissent dans la chaussure.

-

- Bob

- - d’ailleurs, pendant que les chinois seront occupés à ramer, qui c’est qui va les fabriquer leurs Nike à ces petits cons ?

 

- Charles

- -Va comprendre… ce côté un peu mutant de nos gosses. Ou alors il faut chercher du coté des pesticides et des colorants. Peut-être que les spermatozoïdes ils n’ont pas aimé, et que cela a rendu le gamète timoré et l’ovule aléatoire.

 

Alfred

Peut-être que ça vient du nucléaire. On a eu un président de la république, avec un nom de porte-avion, qui nous a salement embarqué là-dedans. Pourtant il ne sortait pas de centrale celui-là, l’avait fait Saint-Cyr le gonze. Ce qui ne l’a pas empêché de croire que le Becquerel était un livre de grammaire. Son truc à lui, c’était le rayonnement de la France. Le premier essai ils l’ont appelé Gerboise Bleue. Pour avoir filé un nom pareil, t’es en droit de te demander à quoi ils carburaient les mecs.

 

Charles

Comme je sais que l’on nous cache tout, je me suis toujours demandé si en fait, ce n’est pas depuis cette époque que le Sahara était devenu un désert....

 

Alfred

Après ils ont voulu changer de base, la métropole a décidé ... de la mettre au pôle, en terre Adélie. L’idée n’était pas mal, mais il y avait le traité de Washington qui l’interdisait, alors ils ont fait dans l’hyperbole conceptuelle et fait péter les bombes dans le Pacifique.

 

Charles

C’est pas en inde la terre à Delhi ?

Alfred

Et les Pyrénées c’est dans la cordillère des Landes... 

 

- Bob

- -si vous voulez mon avis…

 

- Alfred

- - c’est pas vraiment indispensable, mais si tu y tiens vraiment.

 

- Bob (après avoir ricané)

- -Pour en revenir à nos mômes, on n’aurait jamais dû renoncer au slip kangourou. Avec le boxer, c’est comme si tu étais toute la sainte journée dans le métro aux heures de pointe. Faut pas s’étonner ensuite de ne pas avoir des enfants épanouis. Le constat est là, péremptoire, accablant, et je dirais même inéluctable : la race des conquérants va s’éteindre avec nous...

-

- Charles

- -c’est vrai ça, d’ailleurs c’est pas pour rien qu’on les appelait les valseuses, elles ont besoin d’espace pour écrire la grande chorégraphie de la vie.

 

- (un des 3 se remet à siffler l’air de la chanson du début)

-

- Bob

- - il faut que l’on s’y fasse, nous sommes entrés dans l’ère du conceptuel. Plus on achète de la bouffe toute faite, plus la télé nous sert des émissions sur la cuisine. On ne se parle plus, on s’envoie des textos. Ton môme qui décrit son dernier point noir sur Facebook, lorsque tu lui demandes comment il va, il te répond dans le meilleur des cas par un hon... Et encore! il faut que tu vises dans le créneau de la recharge de son baladeur...Moi, avec mon père, il y avait encore du dialogue. C’était dans le genre : fait chier ce con ! Mon père : quoi ? qu’est-ce que tu as dit ? Moi rien rien...Bref, on avait des échanges de points de vues, en un mot : on communiquait!

-

- Charles

- -moi ce qui me tue, c’est qu’ils doivent payer des mecs rien que pour pondre des trucs pour t’emmerder. T’es dans la salle d’attente du toubib, déjà tu commences à entrevoir pourquoi les malades ils les appellent des patients. Au bout d’une plombe, tu surmontes ta peur des microbes et tu te résignes à prendre un des vieux magazines qui trainent là. Dans le sommaire, ton œil est attiré, car tu vois qu’en page 26, il y a les recettes bronzage de Carla Bruni. Le piège se referme, car bien entendu les pages ne sont pas numérotées. Mais bon, ça, c’est à peine plus qu’une taquinerie. En fait, le summum de la perversité, c’est le blister. Ils prendraient des huitres pour faire l’emballage, cela serait plus fastoche et c’est là que tu te rends compte... qu’un cutter...eh bien ça peut servir à autre chose qu’à détourner des avions. Mais le pire est qu’ils s’attaquent aux vieux les salauds. T’es vieux, tu te dis tiens je vais faire des courses, avec le caddie cela m’entrainera au maniement du déambulateur. T’as besoin que de deux, trois conneries, mais ces enfoirés, comme ils savent que tu peux plus te baisser, alors le moins cher ils le mettent en bas. Pour le PQ t’es obligé d’en prendre pour six mois ; quant à la lessive, l’eau et les yaourts, tu devras affronter vingt mètres de linéaire : pour un peu tu penserais qu’ils ont de la chance, ceux qui vivent au Biafra. Mais bon, tu es un battant, tu t’en sors, du moins tu le crois, car si pour ton cadeau de départ à la retraite on t’a pas offert une caisse à outils, ça va être la capitulation devant la languette de la conserve qui pète, et le bocal rétif. En plus, si t’as pas les moyens de t’acheter des dents, n’espère pas te rabattre sur la purée. C’est dans le genre, mettez par moitié, 325ml d’eau et de lait. Déjà qu’on avait du bosser dur le calcul mental pour le passage à l’euro, là il faut que tu révises les cours du certificat d’études . Enfin, si tu survis à la malnutrition, vas pas croire que tu vas pouvoir buller devant la télé : si tu n’es pas un ancien commandant d’Air Bus ou si tu n’as pas jamais piloté une centrale nucléaire, c’est les télécommandes qui vont avoir le dessus. Bref, t’es là comme un con, à attendre le jour où ils réussiront à mettre six lames aux rasoirs.

-

- (un des 3 se remet à siffler l’air de la chanson du début)

 

- Alfred

- - Dire qu’en une poignée de décennie on est passé du péril jeune au péril jaune.

 

- Bob

- -pour les arrêter c’est cuit, mais on pourrait au moins essayer de les freiner.

 

- Charles

- -tant qu’ils ne seront pas condamnés à la rame pour livrer leur camelote que veux-tu qu’on fasse ? S’acheter de gros 4X4, faire le vœu de ne jamais passer la 3eme, pour tarir plus vite les puits de pétrole ? Mais ça, c’est du gagne petit. Il y en a bien qui font des efforts, qui bouffent 15 tonnes de gaz oïl avec leurs yachts, juste pour montrer leur cul à Saint Trop ... méritants certes, mais pas assez nombreux.

-

Bob

-Saddam était visionnaire en foutant le feu au Koweït.

 

Charles

- En fait la grande idée serait de démocratiser les jets privés. Faudrait juste revoir un peu les plans d’urbanisme et les parkings de supermarchés. Pour débuter, et se faire à l’idée, on pourrait commencer par remplacer les panneaux parking par d’autres, où l’on mettrait tarmac.

- Mieux !.. Dans un esprit d’économie durable, et dans l’optique d’amélioration de la politique carcérale, on confie ça aux merdeux qui se font chopper à taguer. Un pochoir, une bombe de peinture, et ils mettent un grand T à la place du P.

 

- Alfred

- -Autre solution : éradiquer de la planète tous les riz qui ne sont pas incollables. Avec leurs baguettes et du riz incollable, ils vont bien perdre 3 h par jour, rien que pour bouffer.

 

-

- Bob

- -Confisquons tous les requins et tous les rhinocéros, car même si on leur dit que les cornes et les ailerons ça marche pas, y croiront pas. Il faut qu’on leur ouvre les yeux. Pas trop quand même, y a qu’à voir quand tu débrides une moto... on risquerait d’obtenir l’effet inverse. Bref, qu’ils sachent enfin que les pannes de zizi, ça vient du surmenage au boulot. On pourrait le faire subrepticement, avec finesse, de la guerre psychologique en quelque sorte. On satelliserait des hauts parleurs géants, éructant en chinois 24h sur 24 (en criant) : la libido est inversement proportionnelle au boulot ! la libido est inversement proportionnelle au boulot !

 

Alfred

En fait, la grande question est de savoir si le pétrole se tarira avant que l’on ne soit noyé sous nos ordures, car il n’y aura que ça pour nous calmer.

On a même réussi à en satelliser...Il y a 10 000 débris qui gravitent autour de la terre. Il y a même un gant !

 

Bob

Imagine : t’as un astronaute qui dit : bon, les potes je vais faire un tour. Il va faire un tour dans l’espace intersidéral, et là putain, il perd la clef de contact de la navette. Y rentre, et dit aux autres: j’ai une mauvaise nouvelle...

the fucking key of the navette is lost ! Les autres ils ont beau lui balancer des motherfucker et des ublyudok (y a des russes à bord) y pourrait même y en avoir un qui lui lève un doigt, s’ils ont embarqué un sourd et muet pour étudier l’influence de l’apesanteur sur le langage des signes. Bref, si dans le tas, t’en as pas un qui a passé son enfance dans le Bronx et qui est capable de trifouiller les fils sous le tableau de bord, ils sont dans une merde noire.

 

Alfred :

Faudrait envoyer une lavette spatiale pour nettoyer tout ça...

 

Charles

-On se disperse un peu les gars ? Gaffe à ne pas friser l’incohérence.

 

Alfred

-Mais non Charles, en fait, ce qui manque en ce moment, c’est des mecs comme nous, des agitateurs d’idées, des créatifs quoi. Parce que là, à l’instant présent, c’est plutôt Rungis et sa dictature du marché.

Bob

-A propos de marché, il y a tout un pan qui a été délaissé. Ça m'a donné une idée de business plan. De nos jours on fait de plus en plus dans le branché. Mais pour les cercueils que dalle! Imagine: tu sais Marie-Françoise, tu aurais vu ce petit cercueil de chez Gucci, une pure merveille avec ses petites poignées dessinées par Philippe Starck, et pour Jean-Charles ils avaient un modèle, un vrai bijou de technologie entièrement en fibre de carbonne et capitonné Goretex. S'ils avaient fait des déclinaisons pour enfant: personne n'est à l'abri d'un accident de voiture, j'aurais craqué...En fait pour voyager il n'y a que chez Vuitton que tu peux trouver une vraie déclinaisosn de la gamme.

 

Alfred

Ce qui m'a toujours étonné, c'est ces étiquettes sur les voitures: enfant à bord. Tu vois ça et t'es censé te dire: merde il faut que je freine! Ou alors, c'est pour que les pompiers ils pensent à regarder sous les sièges... 

 

(Silencieux Charles et Bob se regardent)

 

Charles (s’adressant à Bob)

-On lui dit ?

 

(Bob opine)

 

Charles

-tu sais Alfred…

Bob et moi, et bien, et ça fait un moment que ça nous travaille, on a quelque chose à te dire…

 

Alfred

-Qu’est-ce qui vous prend les gars, vous en faites des manières. Quand on est potes, on se dit tout.

 

Bob

- Ben… c’est que c’est un peu délicat…

 

Alfred

- oh ça va accouchez !

 

Charles

-ben… c'est-à-dire…enfin… c’est qu’on pense que t’as un peu déconné quand t’as voulu qu’on demande le droit d’asile avec toi.

 

Bob(en criant)

-ouais, merde !

Espèce de sombre abruti de crétin de con ! Roi des débiles que tu es ! Le minimum cela aurait été de nous préciser que c’était de l’asile psychiatrique dont tu parlais !!!

 

Musique Bérard : J’ai vendu mon âme au diable chanté par les 3 debout se tenant par les épaules

 

(au bout de quelques refrains et couplets la musique baisse et ils s’arrêtent de chanter, ils s’avancent pour faire une déclaration : texte à dispatcher entre les 3)

 

Mesdames et Messieurs,

bien que saltimbanques, si nous ne nous sentons pas coupables nous sommes tout de même responsables. Le fait que vous soyez restés jusqu’au bout, à écouter les élucubrations que nous avons proférées, démontre déjà en soi l’état de dégradation psychique dont vous êtes atteints. Nous sommes bien conscients que nous avons profité de votre part de cerveau disponible et que notre logorrhée n’a pas dû arranger les choses. Aussi nous vous demandons de sortir dans le calme.

Nous vous invitons à suivre le personnel en blouse blanche qui vous attend devant cet établissement et à obéir aux injonctions qu’ils vous feront.

Des cars vous attendent. Ceux-ci vous conduiront à l’asile psychiatrique le plus proche pour une séance de débriefing mental.

Pour ceux d’entre vous qui seraient pressés, ou en mal d’exotisme, nous avons mis gracieusement à votre disposition, le professeur N’ Bouloud, grand marabout de son état. Après aspersion de cendre de bois bandé, et ingestion de sang de coq, celui-ci vous remettra une patte de poulet, patte qu’il vous suffira de porter en collier, jusqu’à ce que celle-ci tombe d’elle-même par décomposition.

Quant à ceux qui seraient tentés de zapper nos recommandations, nous les informons qu’ils seront déboutés de toutes poursuites, recours et procédures à notre encontre.

Nous vous souhaitons, mesdames messieurs, un bon retour à la vie normale.

 

 

Adolphe Bérard

 

Que veux-tu m'a dit le démon

J'ai répondu dans ma démence

Je suis gueux et je veux Ninon

Dont le dédain fait ma souffrance

Et Satan riant aux éclats

Un doigt pointu sur ma cervelle

M'a dit fou ne le sais-tu pas

L'or seul peut te donner la belle

En ce matin Ninon Sur un noir parchemin

Pour avoir tout cet or qui glisse dans mes mains

 

{Refrain:}

J'ai vendu mon âme au diable

Pour toi Ninon pour ton baiser

J'ai conclu ce pacte effroyable

Qui fera de moi un damné

Pour avoir ton corps adorable

Un seul jour dans mes bras crispés

Ninon pour une éternité

J'ai vendu mon âme au diable.

 

Viens Ninon et prends tout cet or

Cet or maudit qui m'épouvante

Prends-le et livre-moi ton corps

Qui depuis ce matin me hante

Je suis riche, tu peux m'aimer !

Quoi, tu ries de ma fortune ?

Un gueux, seul aurait ton baiser ?

Je le tuerai au clair de lune

Judas pour un baiser N'eut que trente deniers

Quel prix fais-tu le tien ? Parle je puis payer.

 

{Refrain:}

J'ai vendu mon âme au diable

Pour toi Ninon pour ton baiser

J'ai conclu ce pacte effroyable

Qui fera de moi un damné

Pour avoir ton corps adorable

Un seul jour dans mes bras crispés

Ninon pour une éternité

J'ai vendu mon âme au diable.

 

Mais Ninon ne m'écoute plus

En se signant, a fui la belle

Est-il vrai, que j'ai tout perdu

L'honneur, et ma pauvre cervelle

Fortune, va aux quatre vents

Ton pouvoir, n'était que chimère

Si Ninon, vers un autre amant

S'en va connaître la misère

Mais pourquoi dans mes yeux Comme un voile de sang

Et dans ma main crispée, ce revolver fumant

 

{Refrain:}

J'ai vendu mon âme au diable

Pour toi Ninon pour ton baiser

J'ai conclu ce pacte effroyable

Qui fera de moi un damné

Pour avoir ton corps adorable

Un seul jour dans mes bras crispés

Ninon pour une éternité

J'ai vendu mon âme au diable.

 

12 octobre 2010

 

Michel ASTEGIANO

 

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