Moaï

Moaï

 

mes mots sont un asile
où peuvent vivre en paix
mes ardentes folies
je n’y suis docile
que parce que là
je sais que je dis vrai.
Alors fleurissent dans le pays du bien
les ancolies de mes mélancolies.
Ce n’est pas chez moi que l’on verra
les brouettes des nains de jardin.
Je n’ai que des moaï dressés
jouant très fort les fiers à bras.
Vers les cieux leur tête est plantée
et du plus profond de leur minéralité
résonnent les cris sourds des hourras.
C’est une armées de fous
animée par un seul rêve
et c’est une même vengeance
qui les tient fiers et debout
en un combat sans trêve
pour mettre à mort ce destin
qui sans bras les a fait naître.
On ne saurait être
si l’on ne peut étreindre
la vie ne serait qu’une catin
nous mettant trop dans les hors.
Alors sans d’autres choix
parce qu’il en est ainsi et qu’il se doit
dans une unique fatalité les mises amor
ne peuvent s’écrire que comme ça .

Moi