Je te aime

Je te aime

Depuis le temps que je t'invente, un jour,  viendra l'instant où nos regards se croiseront.
Sois insouciante oh mon aimée, car qui que tu sois je te reconnaitrai.
Dans ce destin inventé tu m'es destinée.
Artisan du métier de la vie, je sais des oiseaux et des froissements de soie. J'ai mille fois répété les mots, les gestes, pour qu'en une seconde tu me fasses tout oublier.
Tu seras là pour me donner le La, pour que nous jouions à l'unisson.
Unissons nos doigts, nos voix, nos émotions pour ce frémissement suprême.
Fulgurance de l'instant où l'on se trouve beau dans le regard de l'autre.
Nudité des âmes qui illumine le passé en lui donnant un sens.
Vibrato de violon lorsque la vraie vie surgit.
Je vibre à toi, libre à toi, à moi, d'être sans fard.
Les corps se touchent, s'effleurent, effusion, passion, désir de ne faire plus qu'un, fusion, acmé, paradis des corps, noyade de l'instant.
Je te aime, tu me aimes, cajolons-nous du mot pour nous sentir plus grand que soi et que s'éloignent les années de cendre où l'autre n'était pas.
Se cèle alors le pacte de ne plus être sans l'autre.
Les corps délassés, beaux dans l'abandon, regardent s'éloigner les corbeaux des peurs.
Les âmes s'apaisent et paissent dans la prairie des draps défaits.
Au moindre relent d'inquiétude, les mains se rejoignent, s'effleurent.
Désir d'être tronc, enraciné dans l'amour de toi, pour porter plus haut tes fleurs.
Pour moi, naufragé de l'improbable, tu te fais île.
Besoin de toi, d'émoi, berçons-nous.

L'instant ainsi embrassé a des saveurs de fruit.


Fuyons en nous pour nous retrouver.

 

Sentiment qu'il en sera toujours ainsi.