JE T’APPRENDRAI

 

JE T’APPRENDRAI

 

Je t’apprendrai d’abord la tiédeur du bois,

 

sa chaleur complice arrachée à ces pays d’acajou.

 

Je te ferai aimer  la froideur du métal,

 

 qui veille en douceur et qui attend,

 

et qui sous la main,

qui enfin arrive,

 

prend des rondeurs de cuivre et d’argent.

 

 Lorsque l’heure se fera ronde,

 

d’un seul regard je t’emporterai

 

et sur mes voiles anciennes,

 

résolument je te coucherai.

 

 Tu seras encore plus belle et plus douce,

 

 ainsi parée de tous mes bouts du monde.

 

De mes lèvres posées sur les tiennes

 

j’irai cueillir la parole des vents.

 

Alors dans l’affolement des âmes,

 

et sous la longue  houle des corps,

 

nous sombrerons inexorablement,

 

pour déposer en des écrins de nacre,

 

des embrasements  de corail flamboyants.