Et que l’on fouille au fond de mes poches

AU FOND DE MES POCHES

Et que l'on fouille au fond de mes poches

Vous n'y trouverez pas même trois francs six sous
Pas l'ombre d'un lance pierre pas plus que bille de verre
Les rêves opales les ayant depuis longtemps désertés

Et que l'on fouille au fond de mes poches

Si j'ai pu me sauver on y trouvera peut-être un arbre
Ses doigts racines fouillant les noires entrailles
D'une terre trop glabre sombre et dévastée

Et que l'on fouille au fond de mes poches

Lors, et ce sera selon, de soirs ou matins incertains
On y croisera tout au plus le regard d'un chien
Suivant au ciel la dernière déchirure d'une hirondelle

Et que l'on fouille au fond de mes poches

Il n'y a depuis longtemps plus rien à y racler
Pas même l'ombre d'une brève amertume
Et s'il y a brume cela fait parti du paysage

Et que l'on fouille au fond de mes poches

Il en repartirait pour de bon bredouille
Ce fou imbécile et rêveur qui viendrait farfouiller
Pas même de quoi se faire absoudre d'avoir pécher

Et que l'on fouille au fond de mes poches

Il n'est plus au fin fond de celles-ci
Que des richesses de pauvres et de démunis
Tout y est chiche pour qui ne sait comprendre

Et que l'on fouille au fond de mes poches

Bien peu alors sauront s'y repaître
Car je ne dis qu'à ceux qui savent entendre
Et ne donne qu'à ceux qui savent prendre