CONTRE-JOUR

Je n'ai que des lumières sombres
élevées sur des champs de décombres
j'ai réussi à y faire pousser quelques fruits
discrètement patiemment et sans bruit

Je pousse en transhumance
quelques derniers désirs de vie
dans des allées jonchées de tombes.
Telle est mon errance inassouvie
et même si l'amour y abonde
il n'y a pas de quoi faire bombance

Précautionneux le dos courbé
je glane les petits bonheurs
pour ne pas désespérer
tel est mon acharné labeur

Alors je fais de douces offrandes
et dis aux gens qu’ils sont beaux
semant quelques prébendes
brandissant un ultime flambeau

Il faut trouver des raisons de vivre
et ce n'est pas une mince affaire
quand on veut une vie qui enivre
pour éluder ce qui trop désespère